Synode de la Famille (in Médias Catholiques)

Synode : la route est encore longue pour rejoindre les divorcés-remariés

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Les travaux du synode sur la famille touchent à leur fin. Ce mercredi 21 octobre, la commission chargée de présenter le rapport final au pape François, samedi prochain, est la seule à travailler. Mardi après-midi, les rapports des treize groupes linguistiques sur la troisième partie du synode, «la mission de la famille aujourd’hui» ont été présentés lors de la quatorzième congrégation générale. En voici un résumé.

Les pères synodaux se sont mis d’accord sur le fait que la route est encore longue dans la réflexion de l’Eglise sur certaines thématiques, en particulier l’accès aux sacrements des divorcés-remariés et les personnes homosexuelles.
De manière générale, les «cercles mineurs» sont d’accord sur la nécessité de mieux accompagner les familles blessées, suivant ainsi une «pédagogie de la miséricorde», qui évite les comportements trop abrupts ne montrant qu’une approche doctrinaire. La mise en pratique de cette pédagogie reste à trouver et les voies sont diverses entre ceux qui prônent une approche au cas par cas, sous la responsabilité des conférences épiscopales et ceux qui soulignent, en revanche, que ces questions d’ordre doctrinal sont de la compétence d’un concile et non d’un synode.
Plusieurs propositions sont revenues sur la «voie pénitentielle» pour les divorcés-remariés, que certains appellent «voie de la réconciliation». Certains groupes ont demandé que le pape puisse appuyer la création d’une commission spécifique chargée de traiter en particulier des cas des familles blessées, au-delà de la simple question des divorcés-remariés.

Quid des personnes homosexuelles?

Plusieurs approches diverses ont également été présentées concernant les personnes homosexuelles: si nombre de pères synodaux ont rappelé la nécessité d’accueillir sans discrimination ces personnes, d’autres ont souligné que cette question n’entrait pas dans la thématique du synode. Les groupes sont en revanche tombés d’accord pour refuser l’adoption aux couples de même sexe, et ne pas mettre sur le même pied d’égalité la préparation au mariage et les unions gays.

La famille est lieu d’évangélisation

Parmi les thématiques les plus discutées, les groupes ont souligné que la famille était sujette à l’évangélisation. Et l’Eglise est appelée à soutenir cette dimension. Le thème de la préparation au mariage a aussi été largement débattu, les pères synodaux soulignant la nécessité de parcours adaptés, centrés sur la parole de Dieu.
De nombreux groupes ont souligné également la nécessité pour l’Eglise de trouver un langage plus adapté aux réalités des familles contemporaines. L’Eglise, suggèrent ainsi les pères synodaux, doit passer du statique au dynamique en rendant plus accessible son enseignement sur la famille, sans le dénaturer, afin d’ouvrir un nouveau dialogue avec les familles. Certains pères ont par exemple suggéré que l’Eglise parle « d’abstention» plutôt que «d’exclusion» concernant l’Eucharistie aux divorcés-remariés.
Les treize groupes ont aussi répété l’importance de mettre en valeur la beauté et la joie de la sexualité au sein de la vie conjugale, rappelées dans l’enseignement des papes Paul VI et Jean-Paul II en particulier.

Mariages mixtes: une chance pour le dialogue interreligieux

De nombreux groupes de langue ont débattu des mariages mixtes dans certains pays, soulignant l’importance d’en mettre en évidence les aspects positifs. Ces points positifs sont notamment une ouverture au dialogue interreligieux, réalité de nombreux pays d’Afrique ou du Proche-Orient.
Les membres de l’assemblée synodale ont enfin souligné les aspects positifs du mariage civil ou des couples partageant une vie commune, dans la mesure où cela peut les conduire à un mariage sacramentel. Plusieurs groupes ont mis l’accent sur une attention plus grande à avoir envers les couples séparés ou divorcés, en particulier ceux frappés par la pauvreté, les femmes seules et victimes de violence, les réfugiés, migrants ou victimes de conflits. Autant de cas où la famille est blessée.

Radio Vatican