Le Baptême du Seigneur

« Vient derrière moi celui qui est plus fort que moi […] Moi, je vous ai baptisés avec de l’eau, mais lui vous baptisera avec l’Esprit Saint »
(Mc 1, 7-8)

Angelico, Fra (ca.1400 – 1455)
Baptism of Christ
Fresco 179 x 148 cm
Museo di San Marco
Florença

« Le véritable éducateur ne lie pas les personnes à lui, il n’est pas possessif. Il veut que son fils ou son disciple apprenne à connaître la vérité, et établisse avec celle-ci une relation personnelle. L’éducateur accomplit son devoir jusqu’au bout, il ne fait pas manquer sa présence attentive et fidèle ; mais son objectif est que celui qu’il éduque écoute la voix de la vérité parler à son cœur et la suive le long d’un chemin personnel. »

Fête du Baptême du Seigneur. Célébration de la messe et Baptême de nouveaux-nés.
HOMÉLIE DU PAPE BENOÎT XVI
Chapelle Sixtine – Dimanche 8 janvier 2012

C’est la Fête qui clôt le cycle de Noël. On la célèbre le dimanche qui suit le 6 janvier. L’Epiphanie inclut les trois mystères de l’adoration des Mages, du Baptême du Seigneur et des noces de Cana. La fête du Baptême du Seigneur est donc une sorte de démultiplication de l’Epiphanie.

Le baptême de Jésus dans le Jourdain constitue pour les quatre évangélistes la manifestation — « l’épiphanie » — la plus importante, au tout début de la vie publique du Christ (Mt 3, 13-17 ; Mc 1, 9-11 ; Lc 3, 21-22 ; Jn 1, 29-34). En outre, cet événement de la vie de Jésus, considéré comme un point de départ essentiel (cf. Ac 1, 22), est d’une grande plénitude : non seulement il évoque la mort de l’Agneau de Dieu (cf. Lc 12, 50) et notre propre « plongeon » dans sa mort, par le sacrement du baptême, mais surtout il souligne la source et la portée trinitaire de la mission du Serviteur souffrant.

Les cieux s’ouvrent, le Père exprime sa prédilection pour son Fils et l’Esprit Saint, qui est l’Amour, manifeste visiblement cette complaisance. On pourrait dire que la fête du Baptême du Seigneur est la Pentecôte du cycle de la Nativité.

Dom Robert Le Gall – Dictionnaire de Liturgie © Editions CLD, tous droits réservés

Le dimanche qui suit l’Epiphanie, l’Eglise nous invite à célébrer le baptême de Jésus. C’est le premier acte de sa vie publique, mais pourquoi Jésus a-t-il besoin d’être baptisé par Jean-Baptiste ?

Mt 3, 13 « Alors Jésus, arrivant de Galilée, paraît sur les bords du Jourdain, et il vient à Jean pour se faire baptiser par lui. 14 Jean voulait l’en empêcher et disait : « C’est moi qui ai besoin de me faire baptiser par toi, et c’est toi qui viens à moi ! » 15 Mais Jésus lui répondit : « Pour le moment, laisse-moi faire ; c’est de cette façon que nous devons accomplir parfaitement ce qui est juste. » Alors Jean le laisse faire.

Jésus demande à Jean de le baptiser dans les eaux du Jourdain. C’est une pratique courante au temps de Jésus. Les baptistes accueillaient les juifs pieux, désireux d’être purifiés de leurs péchés en vue des temps messianiques qu’ils estimaient imminents. Comme tout juif pratiquant Jésus fréquente la synagogue, il écoute, lit la Bible, prie avec. En demandant le baptême de pénitence, Jésus, lui qui est sans péché, pose un geste de solidarité avec les pécheurs. Il exprime de cette manière un choix concernant sa mission, son option préférentielle pour toutes formes de pauvreté, y compris spirituelle, et inaugure ainsi son ministère de serviteur.
16 Dès que Jésus fut baptisé, il sortit de l’eau ; voici que les cieux s’ouvrirent, et il vit l’Esprit de Dieu descendre comme une colombe et venir sur lui. 17 Et des cieux, une voix disait : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé ; en lui j’ai mis tout mon amour. »
L’ « abaissement » de Jésus à son baptême aboutit à une « théophanie », à une manifestation de Dieu. Au moment où Jésus s’assimile lui-même aux pécheurs, où il se veut un homme comme les autres, il est manifesté comme Fils de Dieu. C’est ce que nous rappelle l’antienne d’ouverture : « Au baptême de Jésus, les cieux s’ouvrirent ; l’Esprit, comme une colombe, reposa sur lui, la voix du Père se fit entendre : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé ; en lui j’ai mis tout mon amour ». La voix du Père est parole de vie. En s’adressant aux témoins, elle révèle l’identité de Jésus. Il est « le Fils bien-aimé ». La relation entre Jésus et son Père situe le Christ comme Fils. Le Père est la source. Il ne s’agit pas de mettre au jour une relation nouvelle entre le Père et Jésus, mais de faire connaître ce qui est déjà là. Le baptême du Christ marque la révélation décisive de l’habitation de l’Esprit en Jésus. C’est ainsi que, comme le baptiste l’avait pressenti, le baptême d’eau deviendra,

avec Jésus, le baptême dans l’Esprit Saint. Jésus le Fils veut faire participer tous les hommes, sans distinction, à ce que le Père lui a dit : « tu es mon Fils, moi aujourd’hui, je t’ai engendré. » Par le baptême « au nom du Père, et du Fils et du Saint esprit, ». Les hommes sont les heureux destinataires du message d’amour infini répandu dans les cœurs par l’Esprit Saint. Ainsi nous pourrons reprendre la prière d’ouverture : « Accorde à tes fils adoptifs, nés de l’eau et de l’Esprit, de se garer toujours dans ta sainte volonté. »

Dominique Cadet

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